Le jeudi de l’Ascension et le vendredi, nous avons réuni un petit groupe de personnes désireuses d’apprendre la fauche à la faux. C’est avec une petite dizaine de personnes, guidée par Peter De Schepper, du Pic Vert, que nous avons passé deux journées à apprendre d’abord le geste de la fauche….une sorte de danse; à apprendre à régler l’outil de façon ergonomique; à apprendre à le manier de façon à faucher très près du sol; à se fatiguer le moins possible par une bonne technique et une souplesse du mouvement, jamais dans la force. Peter nous a raconté de nombreuses histoires et anecdotes sur le fauchage et les différentes techniques selon les régions…plein d’histoires qui nourrissent aussi la connaissance de cet outil ancestral.
Nous avons aussi appris à affûter l’outil et surtout à le battre car une faux non affûtée et non battue devient très vite un outil inefficace car elle ne tranche plus correctement l’herbe.
Nous avons fauché les prés de la Martinette en mosaïque pour favoriser la biodiversité par les zones refuges et des zones qui auront une floraison tardive, favorables aux insectes. Nous remercions également Nadir (maraîchage à Buissonville) de nous avoir accueilli pour faucher une partie de leurs prés. Ces deux endroits ont été l’occasion d’observer la différence entre les prés maigres de la Martinette et les prés plus riches et denses de Nadir.
Toutes les prairies ne sont pas identiques: il était intéressant de constater la facilité à faucher le pré de la Martinette en comparaison avec celui de Nadir. Plus un pré est maigre, moins dense est la végétation, plus ce type de pré va accueillir de la biodiversité, de la variété floristique et animale… La fauche précoce dans le pré de la Martinette favorisera une floraison tardive. Une fauche précoce dans un pré riche va l’amaigrir et favoriser une plus grande biodiversité à l’avenir! La fauche en mozaïque permet de laisser des plantes accomplir tout leur cycle jusqu’à la fructification et d’être un refuge pour les animaux.
La fauche est un mouvement dans le silence, avec un bruit doux de l’herbe qui se coupe… un mouvement du corps et la possibilité aussi de regarder et de sélectionner ce qu’on veut faucher. On travaille dans un autre état d’esprit qu’avec les machines lourdes, bruyantes et fatiguantes pour les nerfs; l’ambiance est conviviale, on se maintient en forme par le mouvement et on cultive l’art de l’attention pour observer ce qu’on fauche, les dénivélations du sol, l’affûtage…
On a parlé de beauté, on s’en ait nourri, on l’a contemplée… avec quelques moments sur l’observation des plantes sauvages avec Aumvegetalis, en les nommant, nous avons aussi appris à reconnaître quelques plantes sauvages des prés fauchés et on s’en ait même nourrit dans nos salades et nos soupes du midi! Leur saveur est souvent étonnante.
On peut dire que le fauchage est un mouvement, un état d’esprit et une posture face aux bruits des machines et à la course effrénée… Mais aussi, dans nos représentations de la faucheuse, il y a la mort qui est aussi une transformation d’un état à un autre. Lorsqu’on fauche dans le calme, l’attention et le mouvement, une transformation s’opère: les plantes tombent au sol, le sol se transforme et accueillera une nouvelle vie.
Un grand enthousiame se dégageait suite à cette formation: peut-être peut-on imaginer à l’avenir une Fête des foins? un travaille collectif de fauche en tournante dans les terrains des uns et des autres pour renforcer les liens, la connaissance de la nature et la résistence au monde bruyant et polluant des machines… suite aux prochains épisodes ;o)




















